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Mythes et réalités de la migration

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La migration peut être un sujet sensible et de discorde dans
les politiques de nombreux pays, au sein des communautés affectées
et même au sein de familles et de groupes d’amis. Voici quelques mythes
habituels sur la migration et les réalités qui se cachent derrière ces mythes.

Il n’y a jamais eu autant de migrants et de réfugiés.

Cela est souvent déclaré comme étant un fait, dans un langage extrêmement émotionnel. Nous entendons parfois des mots comme « invasion » et « fourmillement » utilisés pour désigner migrants et réfugiés, et des histoires de gens tentant de forcer leur entrée dans les pays développés des Etats-Unis et d’Amérique du Nord.

Le nombre de migrants comme pourcentage de la population mondiale est demeuré constant.

Pendant plus d’un demi-siècle, le nombre de migrants est demeuré autour de 3% de la population mondiale. Entre 1960 et 2015, le nombre de migrants est passé de 93 à 244 millions. Cependant, la population mondiale a aussi augmenté – de 3 à presque 7,3 milliards. Le nombre de réfugiés est en fait tombé de 18,5 à 16,3 millions entre 1990 et 2010, augmentant jusqu’à 21,3 millions en 2016, en grande partie à cause de la guerre en Syrie.

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Les migrants et les réfugiés vivent des prestations sociales et volent.

Cela s’entend fréquemment comme raison pour laquelle nous ne devrions pas accueillir les personnes qui changent de pays. La population locale ne peut pas avoir de travail à cause des étrangers qui ont jusqu’alors profité des allocations de l’Etat.

Les migrants paient plus d’impôts qu’ils ne reçoivent d’allocations et font le travail que les locaux refusent de faire.

Des recherches montrent que les migrants font le travail que les locaux ne veulent pas ou pour lequel ils n’ont pas les capacités. Et ils paient plus d’impôts qu’ils ne reçoivent de prestations. Au Royaume-Uni, depuis 2000, les migrants du continent européen paient en impôts 64% de plus que les allocations qu’ils reçoivent.

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La fermeture des frontières endiguera le flux de migrants et de réfugiés.

Voici encore une « solution » souvent entendue – des politiques européennes de plus en plus restrictives au mur des Etats-Unis le long de sa frontière avec le Mexique, en passant par le renvoi par l’Australie des demandeurs d’asile vers des îles inhospitalières. Des pays à plus faible revenu font de même, disant que leurs citoyens sont « désavantagés » dans leur nation « surpeuplée ».

Claquer la porte peut en fait augmenter la migration.

Des restrictions sévères peuvent avoir des conséquences involontaires : un afflux de migration en prévision de nouvelles lois, des migrants temporaires devenant permanents par crainte de ne pas pouvoir revenir, des flux migratoires se redirigeant vers de nouvelles routes et entre les mains de trafiquants criminels et inhumains.

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Des restrictions énergiques de la migration ont vraiment fonctionné.

Certains pays disant être « débordés » ont stoppé l’afflux en mettant en place des barrières. Si d’autres pays faisaient de même, les migrants abandonneraient.

Les politiques migratoires ne sont pas devenues plus restrictives.

Au cours des 65 dernières années, les politiques migratoires sont en fait devenues plus libérales. Des recherches montrent qu’il y a eu une tendance à la libéralisation pour les travailleurs migrants, les étudiants et les familles de 45 pays, de 1945 à 2010. Dans certains pays, les contrôles aux frontières sont plus visibles et les visas parfois plus difficiles à obtenir pour les migrants en situation irrégulière arrivant aux Etats-Unis et en Amérique du Nord. Mais ils sont une minorité, beaucoup de gens ayant changé de pays étant considérés comme « expats ». C’est un terme largement utilisé pour désigner des gens de classe moyenne, qualifiés et souvent blancs.

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Les gens émigrent des pays pauvres vers les pays riches.

Les pays développés du Nord sont submergés par un flux massif de migrants provenant du Sud.

La plupart des migrants se déplacent entre pays en voie de développement.

L’affirmation selon laquelle la plus grande partie de la migration se fait du Sud vers le Nord, de pays pauvres vers pays riches, est l’un des plus gros clichés et le plus injuste. En 2013, plus de 35% de la totalité des migrants internationaux se sont déplacés d’un pays en voie de développement à l’autre. Les 82 millions de migrants venant du Sud ne constituaient qu’un tiers de la migration internationale tandis que 67 millions de personnes ont migré du Nord vers un autre pays développé ou en voie de développement.

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La migration provoque une « fuite des cerveaux » dans les pays en voie de développement.

Les personnes instruites et qualifiées obtiennent leurs qualifications à l’étranger dans leur propre intérêt, loin des pénuries de leur pays. Ils envoient de l’argent à la maison mais cela crée de la dépendance plutôt que du développement.

Les migrants reviennent souvent chez eux avec des compétences acquises à l’étranger

Le terme « fuite des compétences » est plus approprié pour décrire le mouvement des travailleurs. Les envois de fonds peuvent être engagés pour l’éducation des membres de la famille et les migrants eux-mêmes peuvent aussi revenir avec de meilleures capacités. La Banque mondiale estime qu’en 2015, 440 milliards de dollars américains ont été envoyés dans les pays de développement par leurs citoyens migrants, ce qui représente trois fois le montant de l’aide externe globale. Ouvrir des filières sûres et régulières pour la migration permettrait aux personnes qui se déplacent de contribuer davantage.

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Si les pays pauvres recevaient une aide plus importante, les populations n’émigreraient pas.

Certains leaders politiques disent que si nous apportions une aide au développement plus importante aux pays pauvres, en particulier en Afrique, leurs citoyens ne désireraient pas en partir.

La croissance économique entraîne une migration plus importante.

Quand les pays se développent, leurs citoyens ont plus de ressources et de compétences, ce qui leur permet d’émigrer. C’est ce qu’on appelle « le paradoxe de la migration ». Le Mexique, les Philippines et la Turquie, tous des pays à revenus moyens, produisent un nombre substantiel de migrants. Les personnes très pauvres n’ont pas les ressources suffisantes pour émigrer. Le droit d’émigrer est entériné dans la Déclaration universelle des droits de l’homme.

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Les migrants érodent l’identité des pays et provoquent le choc des cultures.

L’immigration de masse en Europe est en train de changer sa civilisation, sa culture, son socle religieux.

Les migrants aident les sociétés à devenir plus diverses et dynamiques.

Le mythe sur la migration selon lequel les cultures sont menacées est l’un des plus insidieux car il joue sur la peur et la xénophobie. L’Europe a largement tiré profit de siècles de migrations et les Etats-Unis se sont construits grâce à l’immigration. C’est aussi en partie ainsi que se sont définies les langues et le système de numération en Europe.

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Les pays ne tirent aucun profit des migrants.

Les migrants sont un fardeau pour l’économie des pays dans lesquels ils s’établissent. D’emblée, ils exercent une pression considérable sur les services d’éducation et de santé. Les recevoir ne bénéficie à aucun pays.

Les migrants apportent compétences, croissance économique et enrichissement social.

Les deux tiers des migrants et des réfugiés sont des travailleurs qui boostent l’économie. L’indépendante OCDE affirme que les migrants comptent pour 70% de l’augmentation de la main-d’œuvre européenne de la dernière décennie, représentant un énorme avantage étant donné le vieillissement des populations. Les travailleurs ont besoin d’être remplacés et de soins lorsqu’ils prennent leur retraite. Si les migrants sont socialement inclus dans les pays d’accueil, ils peuvent apporter de l’innovation, de nouveaux commerces et un environnement plus riche pour un changement positif.

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Les pays riches n’ont pas besoin de migrants aux faibles compétences.

Nous devrions seulement accepter ceux que nous nécessitons, comme les médecins ou les experts en technologie de l’information. Nous n’avons plus besoin de migrants qui travaillent dans les ventes à emporter de restauration rapide ou aux tâches ménagères dans nos maisons car un nombre suffisant d’entre eux y travaillent déjà. De plus, ils n’ont pas leurs papiers en règle.

Les pays riches ont besoin de migrants à tous les niveaux de compétences.

On s’attend à ce que les emplois à faible rémunération augmentent dans un certain nombre de pays et il faudra les occuper. Les populations locales ne veulent souvent pas de ces emplois. Les passeurs et les trafiquants de personnes prospèrent même quand davantage de restrictions sont mises en place. Ironiquement, ils finissent par trafiquer avec des personnes qualifiées qui à leur tour gaspillent leurs compétences dans des emplois peu qualifiés parce qu’ils n’ont pas de papiers.

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